Coquillages
TRÉSORS DE PLAGE
Enfant, quand Hélène passait ses vacances au bord de la mer, en Bretagne, avec ses parents, son plus grand plaisir, dans la journée, c’était de se promener sur la plage, à marée basse, et de ramasser des coquillages laissés sur le sable par les vagues en se retirant.
Avec les années, elle accumula une jolie petite collection qu’elle conservait pèle mêle dans une boîte à chaussures. Plus tard, un jour de déménagement, elle retrouva ses trésors enfantins. Elle avait ramassé nombre d’entre eux parce qu’elle leur trouvait de jolies formes ou de jolies couleurs, mais, jusque là, elle n’avait jamais cherché à en connaître le nom. D’ailleurs, aurait- elle retenu des dénominations latines aussi compliquées ?
Elle s’apprêtait à se débarrasser sans remords de sa boîte à chaussures et de son contenu quand elle se ravisa.
Sur sa table, elle étala sa richesse et s’extasia devant ces dizaines de bijoux nature aux formes insolites et harmonieuses ; des plus arrondies, des plus polies aux plus piquantes, aux plus hérissées ; aux couleurs de nacre ou encore piquetées de marron, d’orangé, de noir d’encre.
En quelques secondes, le regard d’Hélène repéra un petit cône de couleur argentée, nacre blanche irisée sous la lumière, comme une sorte de chapeau pointu dont on se serait paré un jour de fête. Strié de bas en haut en un serpentin continu, le coquillage reposait sur une base circulaire plane et lumineuse.
En s’informant sur internet, elle apprit que ce coquillage s’appelait : TROCA, un des plus célèbres coquillage employé pour la boutonnerie de nacre ; un gastéropode venu supplanter la nacre blanche en raréfaction au début du vingtième siècle. Introduit en Polynésie Française, sa pêche est réglementée. Il est recherché dans la fabrication des boutons de nacre ou à des fins décoratives : en bijouterie et en horlogerie, pour les boutons de certains instruments de musique : accordéon, saxophone, ornementation de manches de couteaux, marqueterie, objet d’art, chirurgie réparatrice des os.
Hélène resta bouche bée devant un tel éventail d’utilisations de son coquillage: TROCA, un peu étonnée, quand même, que cet exotique, venu des mers du Sud, ait échoué sur une plage Bretonne. Elle se promit d’élargir sa collection lors de ses prochains voyages à l’étranger.
J. Libert
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